lundi 19 janvier 2009



vendredi 7 novembre 2008

Les images de Warcraft, de mangas et de Second Life se mélangent et se troublent devant elle au fur et à mesure que Louisa passe sa main entre ses cuisses, ses doigts entre ses lèvres. Dans sa chambre, elle s’est débarrassée de sa couette, son kimono gît sur le tatami, elle a chaud, tellement chaud, allongée sur son lit et les yeux rivés à l’écran. Elle écarte ses jambes et se caresse à deux mains ses cuisses, son sexe, remonte sur son ventre et pétrit vigoureusement ses seins en pinçant ses tétons durs comme du bois, électrisant toute sa poitrine, irradiant comme des coups de fouet son ventre et tous ses membres, puis une main replonge dans son sexe et elle resserre vivement ses cuisses. Elle se consume et elle souffle sur les flammes qui lui lèchent le ventre, chaque frisson est une nuée d’étoiles qui picotent le bas de son ventre, déferlent dans sa tête dans un tourbillon imprévisible pour s’épanouir en milliards d’autres étoiles. A chacune de ses vagues de plaisir elle murmure des mots ravageurs, une litanie d’images de fleur et de baise, des féeries et des incantations pornographiques, tantôt dans un souffle à peine audible, tantôt d’une voix suraiguë. Chaque vague est plus forte. Elle veut monter plus haut. Elle le veut. Elle ancre ses mains sur les épaules de Louisa pour ne pas tituber, si elle pouvait enfoncer ses ongles... encore... elle tangue, encore.... Louisa, continue, comme tu es belle, comme j’aime tes yeux bleus comme l’océan, comme c’est étrange, ces yeux, de son lit, elle ancre son regard sur ses yeux. Chaque vague est plus forte. Elle se relève sur les genoux, les cuisses flageolantes, prend la souris d’une main tremblante, zoome sur ses yeux, puis tourne la caméra autour de Louisa, admire ses seins et les siens si proches, bascule vers le bas de son dos et se repaît de la rondeur de ses fesses pendant qu’avec son autre main, elle roule sur ses lèvres gonflées, elle presse, fort, puis de plus en plus fort, elle écrit : “I love you, Louisa”. Louisa répond immédiatement : “I love you, L.”. Cette déclaration et son écho résonnent comme s'ils étaient écrits ensemble à elle-même, comme si elle se masturbait devant un miroir ensorcelé qui reflète la part d’elle-même qu’elle ne peut pas donner à voir, l’envers de sa peau, l’autre côté de son monde, l’amie de son âme, l’intimité de son intimité, elle n’a plus de honte. Et soudain, l’horizon gonfle comme une bulle, il vient du plus profond de son corps, tellement massif, tellement dévorant que L. se replie dans son lit, se replie autour de son sexe que sa main presse encore et encore, elle veut aller jusqu’au bout, absorbée par un raz de marée apocalyptique, déchirant ses neurones, sa volonté, et son ventre. La déferlante dure, dure elle ne sait combien de temps, elle ne veut pas que cela s’arrête, elle veut rester là-haut, puis elle redescend en volant dans le ciel de Second Life, elle entend le souffle du vent, en-bas il y a un corps immense, le corps de Louisa ou son propre corps, des prairies de satin, des forêts de soie noire, des océans bleus et noirs, des rivières huileuses, des brumes d’encens.... elle sourit.

L. ne répond plus à mes ims, je crois qu’elle est partie, je veux dire... j’espère... Peut-être vole-t-elle dans ses rêves, peut-être est-elle endormie, mon ange, mon double aux antipodes. Je quitte la pose, L. reste dans la sienne. Je souris. Puisse-t-elle avoir eu autant de plaisir qu’elle m’en a donné. Il est samedi matin. Il nous reste peu de temps. Je quitte Second Life, je me retourne vers J. qui dort à poings fermés, je me colle contre son dos, je frotte mon pubis contre ses fesses, je glisse une main sur son ventre, il grommelle.... je prends son sexe dans ma main et je le caresse doucement, son pénis gonfle lentement dans ma main comme une bulle, d'abord une petite chose molle puis plus grosse, plus ferme, plus grande, je caresse ses couilles, remonte sur le gland, et maintenant elle est vraiment dure, son corps se réveille, je suis sûre qu'il sourit, prends-moi, J., viens, prends la contre allée...

samedi 15 mars 2008

« il est comment ? »…. Pardon ? « il est comment ton dildo ? » …petit et métallique « métallique ? c’est froid ! »…. Ca dépend. Je le suce pour le réchauffer, je suis toujours trempée, mon cœur bat beaucoup plus fort, beaucoup trop vite, mon cœur m’étrangle, la sensation de périr, d’étouffer et je ne peux réprimer un petit cri ridicule et tendre, ridicule qui se perd dans la chambre vide « prends-le maintenant, et caresse-toi, et écris-moi, écris-moi ce que tu fais »… je le glisse entre mes seins, mes seins qui se soulèvent d’excitation, de fièvre, me dirige droit vers ma chatte et je sursaute lorsque sa pointe métallique touche mon petit bouton, je le mets en route, le plus faiblement possible avec ce bruit grave et suave, une vibration lente, petits coups de piolets qui l’enfoncent entre mes lèvres, je le pivote et doucement le fais glisser plus profondément entre mes lèvres, va et vient enivrant, puis ensorcelant lorsque je le fais vibrer, passant du presque imperceptible au plus en plus fort, de plus en plus suffoquant, me mettant à voler, à fermer les yeux et à voler, les rouvrir pour regarder, lire D. me dire « je l’ai enfoncé dans mon sexe, je me caresse les seins, tu es belle » m’envoler à coup de hanches, à coup de ventre, à coup de reins lorsque j’écarte un peu plus les jambes et je l’enfonce entièrement dans mon sexe entièrement tendue vers le désir, les yeux tétanisés par le spectacle de D. et Louisa s’étreignant sur l’écran. J’essaye comme je peux d’écrire, de décrire à D. ce que je fais, ce que je ressens et ce ne sont que des spasmes, des mots mal écrits, des fautes de frappe, qui sont autant d’aveux de mon plaisir. Il semble que D. le comprenne, la danse dure ainsi un long moment, mais je viens, je viens très vite, très fort, un premier séisme secoue tout mon corps, un tremblement qui happe mon ventre, qui me projette en moi, qui me replie sur moi, je serre mes cuisses qui enserrent ma main prisonnière entre mes cuisses et mon sexe, mon sex-toy au fond de moi, je serre mes cuisses ma main prisonnière et mon sexe comme on presse une orange juteuse, puis un deuxième séisme, je laisse échapper un cri plus profond, abandonné, le cri d’une capitulation, je me replie sur moi, je lâche tout au moment de la troisième réplique, plus intense, qui monte dans ma tête et me déchire, déchire toute relation au monde, au réel et à l’irréel, et frénétique, je me fais monter plus haut, une quatrième réplique inattendue, traîtresse, merveilleux cadeau venu de moi-même, venu de je ne sais où, plus forte qu’aucun orgasme que j’ai pu vivre, ou rêver, couvant du regard D. et Louisa s’étreignant encore, toujours mécaniquement, et D. égrenant ses mots magiques, qui vient, elle aussi au moment de mon orgasme, un doigt ayant seulement le temps de rester enfoncé sur une touche, puis envoyer le message et je m’abandonne à mon plaisir, je me ferme comme une fleur au crépuscule, je me couche sur le côté, je replie mes jambes doucement sur moi, mes bras sur mes seins, je me ferme comme pour un long sommeil, mon ordinateur tout près de moi qui éclaire mon ventre, cordon ombilical vers Second Life, je me calme doucement, je redescends, redescends, redescends, redescends dans mon lit, comme une feuille morte tombe de sa branche si haut, vers le sol, la terre douillette, l’humus, l’odeur de terre, l’odeur de mon sexe trempé dans mon silence d’où émerge le clapotis des bassins du palace, mon cœur ralentit, je suis bien, mon dieu que je suis bien… Sur l’écran, D. et Louisa poursuivent leur pose, répètent les mêmes gestes, inlassables. « tu es ok ? tu es encore là ? »…. J’ai joui, c’était fort « moi aussi :) »… je suis fatiguée « c’était bon, j’aimerais qu’on se voit encore »… oui, moi aussi. Je reste ainsi, enroulée en moi, tellement détendue, sereine, défaite, vaincue. Je reverrai D. l’une ou l’autre fois, sans faire l’amour avec elle. Nous parlerons, de nos vies, de ce que nous faisons, elle en Angleterre, moi en France. Elle me parlera de cette lesbienne, BG, qu’elle admire tant, qui est si grande, tellement musclée, qui fréquente les salles de sport et donne des coups de pied aux hommes qui ne la respectent pas. Je rencontrerai cette femme, BG, sur SL ; D. m’avait prévenue qu’elle était très ressemblante, armoire à glace, méfiante, généreuse et puissante. Je ne la rencontrerai qu’une fois, elle m’avait convoquée.
- « tu es la petite amie de D. ? »
- « pas vraiment la petite amie, une amie, simplement »
- « ce n’est pas ce qu’elle semblait dire, elle disait que tu étais sa petite amie »
- « je ne sais pas »
Nous avons parlé quelques temps, puis elle assènera son verdict « tu as l’air d’une bonne fille, tu seras gentille avec D. ». Elle essayera de me contacter plusieurs fois, pour me rencontrer, mais cela ne s’est pas fait. J’ai perdu de vue D. et BG quelques jours plus tard, lorsque j’ai nettoyé pour la première fois ma liste d’amis.