
Les manuscrits sont à la poste. J'imagine qu'il faut compter une petite semaine jusqu'à ce qu'ils parviennent à leur destinataire. Et puis j'ai lu qu'il faut patienter plusieurs semaines, parfois jusqu'à six mois, pour avoir une réponse d'un éditeur.
Pour moi, le plus dur est fait. Comme conquérir le sommet d'une très haute montagne, avec sa marche d'approche, les passages difficiles, l'enthousiasme, l'abattement, l'envie de renoncer, l'épuisement, le second souffle, les parois infranchissables, les pauses, les moments de bonheur, les renoncements, puis les derniers mètres, interminables, et enfin le sommet, un soupir, une sorte de lumière, de la bonne fatigue. J'en suis là. Il ne me reste que le chemin du retour.
J'ai mis Louisa Markova dans le formol, à l'apogée de son charme. Je viens de temps en temps la voir.

